FANATIC FEMALE FRUSTRATION, 2024 (Paris)

avec Karla Paloma, Elsa Klée, Caroline Sury, Margot Preham, Mélanie Utzmann-North, Lucile Ourvouai, Valentine Gallardo, Mireille Nyangono Ebene, Claire Malissen,Alice Bienassis, Morgane Somville, Marthe Pequignot
Edition : L. Ourvouai, E. Klée,
M. Somville
Couverture imprimée par Quintal Atelier

“Fanatic Female Frustration” rassemble douze autrices pour une anthologie en hommage à Aline Kominsky-Crumb, célèbre autrice de bande dessinée née en 1948 et décédée en 2022. Plusieurs sujets se recoupent malgré des styles, des histoires et des vécus très différents. À travers leurs hommages, les autrices parlent de deuil, d’identité, de violence, de sexisme, de colère, de précarité ou encore de sexualité.

Ces quatorze bd nous rappellent que nos expériences influencent nos manières de penser la bande dessinée, de construire des narrations, de représenter des corps et des relations.

Le lien avec le fanzine, dans tout ça ?

Cette anthologie incarne les liens étroits entre fanzine, autonomie, bande dessinée, autobiographie et luttes sociales. Outre que plusieurs des personnes éditées ici publient leurs propres bd sous forme de zines, « Fanatic Female Frustration » met aussi en avant combien il est précieux d’avoir accès aux outils de création, de production et de diffusion, en particulier lorsqu’on fait partie de catégories sociales minorisées et exploitées.

Focus sur quatre histoires

Dans « Angel Bunch » de Karla Paloma, Aline Kominsky-Crumb revient sous forme d’ange pour inspirer une autrice en galère. On retrouve aussi Karla avec “Rat Testicules”, une bande dessinée sur “les tafs de merde et les échecs romantiques”

« Me Too », de E. Klée, est une bd qui raconte les violences que vivent les victimes d’agressions sexuelles lorsqu’elles tentent de porter plainte auprès de la police. Si l’autrice décrit sans détours une justice carcérale déconnante et abusive, elle rappelle que d’autres formes de justice peuvent être mises en place.

« Les outils et les exemples manquent. Mais je pense que ça vaut le coup de tenter des processus de justice réparatrice dans nos cercles privés. Même si c’est imparfait, expérimental : parlons-en, levons le tabou. »

Dans « Ma mère Jumelle », Lucile Ourvouai raconte le décès fulgurant de sa mère, qu’elle revoit à travers des inconnues dans la rue, des actrices, et plus particulièrement à travers Aline Kominsky. Une manière détournée de nous décrire sa mère et leur relation.

« Obsession » de Mireille Nyangono Ebene décrit ce long cheminement vers soi-même, parfois fait d’allers-retours et d’hésitations, en particulier en tant que personne Noire qui vit dans une société dominée et construite par les blanc·he·s. Mireille décrit cette recherche de soi en faisant se rencontrer trois personnages, différent·es tout en étant elle-même.