De l’usage de la colère : la réponse des femmes au racisme – Audre Lorde

Discours d’ouverture prononcé en juin 1981 lors de la conférence de l’Association nationale des études femmes à Storrs dans le Connecticut. Publié dans un recueil de textes paru aux éditions Mamamélis 2003: “Sister Outsider – essais et propos d’Audre Lorde sur la poésie, l’érotisme, le racisme, le sexisme…

AUDRE LORDE

« Noire, lesbienne, féministe, mère, guerrière, poétesse, essayiste »

Née en 1934 à New York et morte à Sainte-Croix en 1992, Audre Lorde est une essayiste, poétesse, bibliothécaire, militante féministe et engagée dans le mouvement des droits civiques en faveur des personnes Afro-Américaines. Elle a également participé à créer la maison d’édition « Kitchen table : Women of Color Press » en 1980 avec Barbara Smith, Beverly Smith et Cherríe Moraga, qui éditait des autrices non-blanches.

Qui a le droit à la colère ?

Avec ce texte, Audre Lorde s’empare de manière frontale de la question de la colère, de sa fonction et de son usage dans une société patriarcale raciste. Elle s’adresse notamment aux femmes blanches universitaires et féministes, plus dérangées par la colère des femmes Noires et racisées que par leur propre racisme.

Si la colère est une émotion partagée, tout le monde n’a pas le droit de la ressentir et de l’exprimer de la même manière. Les classes dominantes ont fait de la colère un outil d’oppression, en définissant qui sait se mettre en colère de la bonne manière et qui n’est pas capable de gérer ses propres émotions (et doit ainsi être privé·e de celles-ci).

Audre Lorde revendique le droit des femmes non-blanches a exprimer leur rage, leur colère face aux oppressions racistes et sexistes. Elle développe aussi l’idée selon laquelle l’expression de cette colère peut rassembler plutôt que diviser. A l’inverse, imposer la politesse et le silence fragilise les luttes et tue les personnes les plus opprimées et les plus exploitées en leur interdisant le droit à vivre leurs émotions, mais aussi à revendiquer leurs besoins et leurs droits.

Aujourd’hui encore, qui a le droit de se mettre en colère ? Qui a le droit d’imposer ses émotions ? Qui a le privilège d’imposer sa « communication non violente » tout en refusant de se confronter à sa propre violence (celle qui s’exprime comme il faut) ?

Autres zines et brochures des archives de La Fanzinothèque de Poitiers:

La transphobie et ses croisements avec le racisme, zine publié en mars 2021. Cette brochure militante aborde les violences et les oppressions racistes que vivent les personnes trans racisées en France, dans les milieux militants queer, féministes et LGBTIA+.

Smiling through it all (Sourire malgré tout), un zine de Khuluwd Designs (Montréal,Canada,2021). ZIne sur l’intesectionnalité des oppressions racistes, islamophobes et misogynes. L’autrice témoigne de ces violences sous formes de courtes descriptions d’expériences face à des inconnu·e·s, des proches et des collègues.

La pédagogie engagée, bell hooks (brochure imprimée par l’Atelier Téméraire à Brest en 2019). Approche éducative hollistique visant l’accomplissement et le bien-être de l’enseignant et de l’étudiant·e.

Liens vers les notices pour plus d’informations et pour retrouver les zines à La Fanzinothèque:

De l’usage de la colère

La transphobie et ses croisements avec le racisme

Smiling throught it all

La pédagogie engagée