
Le coût de la guerre et autres textes de Marie Louise Berneri
Quand le port de Naples est bombardé, c’est le quartier ouvrier densément peuplé qui entoure le port qui souffre le plus. Les bombes ne frappent pas les villas somptueuses des riches fascistes disséminées le long des côtes de la baie de Naples; elles atteignent ces maisons à plusieurs étages si entassées les unes sur les autres que les rues ne sont rien d’autre que de sombres passages entre elles.
Les articles traduits ici ont été publiés dans le journal War Commentary. Marie Louise Berneri y défend l’idée que les guerres ne servent pas à libérer le peuple, contrairement à ce que l’élite bourgeoise matraque tout en bombardant des quartiers populaires et des villes, tuant des civils qui n’ont pas la capacité de vivre dignement et de se défendre.
L’industrie militaire est un outil de domination et d’expansion économique contrôlé par cette élite, qui a tout intérêt à ce que les classes subalternes s’entre-tuent.
Marie Louise Berneri poursuit : dans les pays capitalistes, on fait de la guerre « un mal nécessaire » : « qui veut la paix prépare la guerre ». Dans ces mêmes pays, les révolutions populaires sont pourtant caricaturées en violence sauvage qui entache le progrès de la nation; un débordement qu’il faut étouffer par la force.
L’État capitaliste n’attend pas du peuple qu’il se libère par lui-même. Il attend de lui obéissance, travail et dévotion.
Ces derniers mois, plusieurs brochures sortent contre la guerre et la militarisation. Les actualités mondiales sont marquées de génocides, de massacres et d’industries qui capitalisent sur la mort de militaires, mais surtout de civil·e·s, adultes et enfants. Beaucoup nous alertent sur la multiplication des discours militaristes et nous mettent en garde face à la progression de l’idéologie fasciste qui glorifie la guerre, le nationalisme, le racisme et la lutte « anti-woke ». Et pendant que les infirmières et aides soignantes à bout de souffle dénoncent l’effondrement des moyens alloués à la santé, le budget de la police et des armées s’envole avec une constance morbide.
La guerre est donc une crise comme les autres. Le carnage servira la reconstruction. Pas d’égards pour ce qui aura été détruit. […] Une économie de défense, c’est un économie d’attaque. Contre l’intérêt de la classe dominée, l’ennemie est désigné par l’Etat au gré des stratégies d’union nationale, des intérêts économiques et industriels.
Duck and Cover (2025)
L’expression « duck and cover » vient d’un court-métrage produit en 1951 aux Etats-Unis, qui apprennait aux enfants comment se cacher sous leur bureau en cas d’attaque, dans un contexte de paranoïa face à une potentielle guerre mondiale nucléraire.
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